L'explosion du photographe de concert
En concert, spectateur ou photographe vous n'aurez pas manqué de remarquer l'explosion du nombre de photographes présents dans la fosse, un fait qui a terme ne peut que nuire à la photo de concert en soit.
Outre le fait de se débattre entre lumière et mouvements, c'est maintenant dans la fosse que le photographe de concert doit jouer des coudes, et cela ne saurait être à terme du goût des salles, des prods et des artistes, sans même parler des spectateurs.
Les raisons à cela, l'explosion de la photographie numérique, le passage du réflex en bien de consommation, la passion de la musique commune à beaucoup de monde, l'explosion et la facilité de création des webzine, le mix du tout et enfin un certain opportunisme.
Et c'est la que le bas blesse, la dé-professionnalisation de la discipline réduit la confiance et la collaboration tacite qui lie les artistes aux photographes.
Je ne me place pas du côté professionnel de la photographie, bien que cela fait maintenant quelques temps que je sois présent dans les fosses, mais le fait est que je constate l'arrivée massive dans les salles d'une nouvelle horde de photographes de concert, souvent équipés sommairement, réflex et optiques peu lumineuses, voir bridge...
Pour exemple, au concert de Montgommery, sur la scène relativement petite de l'Antipode, j'ai failli être à court de doigts pour compter photographes et cameramen, ceux-ci, je inclu, étaient aux nombre de 10. Autrement dit une armée d'occupation pour la fosse et un rempart mouvant entre les artistes et les spectateurs.
Dans une fosse beaucoup plus grande comme celle du Rock'n Solex, le constat est le même, les festivals comme les Vieilles Charrues ou Papillons de Nuit croulent littéralement sous les demandes d'accréditations...
D'où mon titre, à terme, je pense que cette augmentation constante du nombre de photographes de concert, va mener à l'asphyxie du système.
Croulant sous les demandes, les prods, salles, festivals et tourneurs vont restreindre les entrées, purger le système par le vide.
Les entrées se feront alors surement plus difficilement via des contacts pré-établis, des relations, la construction du portfolio et sa démonstration risquant de ne plus suffire.
Quelques uns d'entre nous survivrons, nous avons déjà des entrées, des connaissances dans des salles, mais si la demande d'accréditation est dores et déjà un enfer, outre le fait de se voir complexifiée, on sera de plus en plus confronté à des clauses restrictives et limitatrices. On en voit apparaitre plus que régulièrement et l'imagination des productions est fertile de ce côté-ci.
Ainsi il y a peu j'ai dû signer pour un concert une accréditation me concédant le droit de faire des photos (3 morceaux sans flash normal) en contre partie d'une validation des clichés par la prod avant publication (on avait déjà vu ça), à la condition de ne pas diffuser les images ailleurs que sur le média nommé sur l'accred, autrement dit juste mon site, ce qui exclu de fait, une expo que je pourrais être amené à monter, les agences, magasines ect, bref j'ai le droit de faire des photos mais pas de faire quelque chose de celles-ci, jusque là j'avais déjà vu ça. Clause nouvelle, cette "autorisation", n'était valable que un an, au terme du quel, je devais réitérer celle-ci !
Alors ça s'est nouveau déjà et un brin fort de café tout de même !
Bien entendu, si je ne suis pas d'accord, je ne signe pas, je ne shoote pas.
Ce qui est quand même fort dommage pour le photographe indépendant que je suis. D'autant que de nombreux jeunes photographes seront eux disposés à signer, c'est donc le professionnel qui pâtit de ces clauses.
Ma conclusion ?
Une baisse significative de la qualité de production, en terme de photographies, des prods qui sauront en tirer avantage...
La place dans la fosse va devenir plus chère et entre sacrifices et combat, il va falloir défendre son bout de gras, photographes de concert, la bataille à commencée.
Ps :
L'article est illustré d'une photo de Laurence Brown alors qu'elle photographiait le Rock'n Solex 2009 pour le compte de Radio 666. Photo prise lors dudit Rock'n Solex.




17 commentaires : Participer à la discussion !
Par Fred Le 26/05/2009 à 19:55
Je pense qu'il faut surtout éduquer ces nouveaux photographes pour qu'il n'acceptent pas de signer clauses abusives et de brader leur travail, au détriment de toute la profession. Cela ne se limite d'ailleurs pas seulement à la photo de concert ; On peut prendre l'exemple du Figaro, qui invitait récemment les photographes amateurs a envoyer leurs clichés, sans la moindre contrepartie : http://www.lefigaro.fr/international/2009/04/04/01003-20090404DIAWWW00522-vos-photos-du-sommet-de-l-otan-a-strasbourg.php
... certains ont malheureusement été assez naïfs pour accepter.
Par atlza Le 26/05/2009 à 21:10
Les concours de photographie sont à la mode, les entreprises ont bien assimilés maintenant ce filon leur permettant de se fournir à bas coût en support publicitaire.
Dernier en date : Air France : http://www.macandphoto.com/2009/05/conditions-abusives-air-france-a-trouv%C3%A9-le-filon-.html
Comme tout le dit, chacun devrait lire les conditions de ces concours, mais ce n'est pas prêt je le crains d'être le cas.
Par As Le 27/05/2009 à 13:45
Un peu coquin comme article :)
Sachant qu'il y a un an ou deux, tu étais peut être également vu par certains comme l'intrus, celui qui arrive dans la fosse déjà bien remplie, l'amateur de trop diraient certains pros. Alors dire maintenant qu'il y a trop de monde c'est un ptit peu fort .. Certes les contrats sont parfois ridicules, certes il y a beaucoup de personnes qui n'ont rien à faire dans les fosses, mais ca a toujours été (surtout sur le deuxième point) en fonction des artistes ou des lieux ..
Je dis ca en toute sympathie bien sûr, c'est une attitude totalement normale qui arrive à tout le monde.. C'est toujours embetant de voir de plus en plus de monde faire comme on vient juste de faire :)
Il y a 5 ans, des gens disaient déjà la même chose, c'est juste les personnes qui le disent qui ont changé et finalement, les plus efficaces resteront, donc pas grand soucis pour les meilleurs. Le boulot de photographe de scène 'uniquement' est de toute façon mort depuis une dizaine d'années.
Par atlza Le 27/05/2009 à 15:45
Excellent commentaire que le dernier que d'ailleurs j'attendais.
En effet, si je dis dans l'article "Je ne me place pas du côté professionnel" c'est pour laisser entendre, faiblement il est vrai mon noviciat. Et effectivement j'ai pu apparaitre aux yeux d'autres comme les nouveaux dont je parle.
J'y apporterai quelques bémols, mes premières demandes d'accred ce sont faites auprès de tous petits concerts (public < 100) et ce n'est qu'une fois un premier book constitué que j'ai tenté ma chance au dessus (apparaissant alors comme un newbie certes), hors je constate depuis quelques dates, des personnes présentes dans la fosse équipées de bridges, et je dois reconnaitre avoir du mal à imaginer un book relativement propre réalisé au bridger, le concert étant ce qu'il est, d'où mon propos.
Mais si mon sujet ne "sort" chez moi que maintenant c'est lié toutefois au nombre de ces photographes dans la fosse, si il faut bien des débutants pour faire plus tard des "pros", je m'étonne que le rapport soit inversé. D'autre part je constate une saturation des fosses néfastes au spectacles que je ne constatais pas auparavant, d'où mon avis sur les restrictions d'accréditations.
Enfin ton dernier paragraphe est tout ce qu'il y a de plus juste, n'ayant jamais voulu en vivre et le considérant plus comme une chance, je ne suis pas dépité, mais une chose est claire : "dans la photographie de scène, point de salut", resteront donc les meilleurs, les passionnés (dont j'ose prétendre faire partie), et les nouveaux.
Content de voir des réactions comme la tienne cela dit qui montre que le côté un peu provoc de cet article fait mouche et que le débat nait.
Par didier Le 28/05/2009 à 09:58
rien de tel qu'un sujet bien polémique pour lancer les débats ! :))
je constate effectivement que des personnes équipées sommairement en matos (parfois avec un compact) sont présentes dans les fosses, mais surtout sur les festivals.
personnellement, je trouve qu'en concert, beaucoup de photographes ne cherchent, généralement, qu'à ramener à tout prix des images d'une grosse star sur scène. les personnes qui viennent shooter dans le but d'essayer de faire de belles images ne sont pas légion... même si il y en a, heureusement.
c'est peut-être ce qui explique l'explosion du nombre de demandes d'accred... certains photographes veulent épingler Metallica à leur "tableau de chasse".
en même temps, nous sommes dans une ère du paraître, de l'apparence, voire de l'illusion.
shooter Madonna fera du photographe une "presque-star", car être une star est devenu quelque chose qui peut aujourd'hui de cuisiner au micro-ondes, en 2 temps / 3 mouvements.
mais je m'emporte :))
bien sûr, il y a un travail d'éducation à faire.
ne pas signer des "contrats" pourris et unilatéraux comme ceux que tu cites bien sûr, mais également faire comprendre aux photographes qu'ils doivent respecter artistes et spectateurs : faire preuve de discrétion (ne pas être debout tout le temps dans la fosse, penser qu'il y a des gens derrière qui aimeraient bien voir le spectacle, ne pas shooter en rafale pendant les silences d'un morceau... ).
pour la petite histoire, la légende veut que la limitation aux 3 premiers morceaux vienne d'un concert d'Eric Clapton en 1976 où 2 photographes ont fini par se taper dessus... suite à cet événement les limitations sont apparues...
donc faire preuve avant tout d'un peu de sens civique, voire de bon sens, tout simplement : moins d'abus conduira sans doute à moins de répression !
Par atlza Le 28/05/2009 à 17:47
C'est un point important que soulève Didier, et il a malheureusement surement tout à fait raison.
Beaucoup de photographes de concert s'attachent plus en effet à la personne du sujet qu'à la photo elle même, que ce soit pour la gloriole ou la vente.
C'est aussi une des raisons qui je pense amène du monde à la photo de concert, le pouvoir dire "j'ai pris moi même tout seul une photo de machin", il suffit d'ailleurs de voir comment les fosses se remplissent ou se vident en fonction du groupe présent sur scène.
Pour en revenir à un exemple lors de mon dernier festival, une photographe équipée somme tout sommairement, a du prendre juste quelques photos puis "dansait" (bon fermait les yeux et battait le rythme) dans la fosse, un endroit privilégié certes avec un brin d'espace mais pas vraiment prévu pour ça.
Par nico Le 30/05/2009 à 08:41
salut
imagine, je suis étudiant, j'organise un festival genre rock n solex avec mon école. y a des photographes invités mais moi, j'aimerai avoir mes photos perso et aussi profiter de la ziq... Comme je suis organisateur, je vais dans la fosse faire mes propres photos avec mon appareil photo jetable et des fois, j'observe seulement en profitant de la musique... N'ai je pas le droit d'y être ? Sans moi, vous n'auriez pas eu vos accred car le festival n'existerai pas !
N'aillez pas peur de moi, c'est pas moi qui vais faire les meilleurs clichés !!! Et puis, tout le monde a appris à parler avant de savoir le faire. Il y a toujours une phase d'apprentissage.
Aussi, le matériel peut contribuer à la réussite mais un mauvais photographe fera toujours de mauvaise photo avec un super appareil... C'est un peu l'histoire du bon et du mauvais chasseur des inconnus votre débat... Jimmy hendrix a commencé à jouer sur une guitare à 30$...
Enfin bref,
Super migration Atlza5, supers photos, bon projet parallèle (perso, big up carole et guillaume)
Et je te promets guillaume, au concert de moods, tu seras surement le seul dans la fosse! :D
On se fait une bouffe style mercredi midi ?
Par didier Le 30/05/2009 à 10:42
oui, bien sûr que l'appareil ne fait pas tout, et heureusement d'ailleurs...
un mauvais photographe, même avec un super matériel, ne fera pas forcément de bonnes photos, nous sommes bien d'accord.
mais concernant ton droit d'être dans la fosse pour y faire des photos, c'est avec le tour-manageur de l'artiste présent sur scène qu'il faudra t'arranger. ce sont bien souvent eux qui décident.
et si il te voit avec ton appareil jetable ou non faire des photos au flash, il va dire que c'est pas cool parce que tu déranges l'artiste sur scène et le public qui a payé pour voir le spectacle.
on en revient à ce que je disais plus haut... :))
Par atlza Le 30/05/2009 à 11:45
Ton propos n'est pas incohérent Nico, mais sur les festis, ils font en général appel à un photographe pour les photos du festis, et on croise surement les organisateurs dans les fosses, je ne crois pas en avoir vu un plus de 2minutes, pas le temps et ce sont les premiers à connaitre les rêgles de la fosse.
Pour ce qui est débutant mon propos était quelques'un oui bien sûr il en faut, mais je crains que les gens n'aient tendance à vouloir shooter les gros concerts seulement...
Par cecile Le 31/12/2009 à 20:58
Juste deux ou trois petites choses.
Tout d'abord : la qualité du photographe ne réside pas dans son matériel mais dans son doigté. Je connais certains photographes aussi à l'aise avec un réflex qu'avec un compact. Certes, pas forcément sur des photos de concert, mais tout de même. Il est important de préciser qu'on ne reconnaît pas un "professionnel" (j'entends par là un passionné) au poids de son appareil. Il suffit d'être un branque bien friqué pour s'acheter un réflex avec un objectif adapté. La photo n'en sera pas meilleure. Si une photo n'exprime rien, elle n'exprime rien jusqu'au bout.
La mépris pour les petits appareils n'est que la répétition du mépris premier pour les numériques. Nous étions et peut-être sommes encore tous des intrus avec nos boîtiers numériques. Ce n'était pas de la "vraie" photo. Aujourd'hui, qui cela dérange-t-il ?
Pour revenir au chapitre précédent et dans le sens inverse, certains passionnés (comme moi), n'ont pas spécialement les moyens de s'acheter un objectif tous les six mois. N'ont-ils pas droit, alors, d'exprimer leur passion ?
Je n'ai que 20ans, et lorsque mon vieux réflex argentique m'a lâchée, j'avais déjà engagé mes économies dans mes études. J'ai acheté un bridge moyen de gamme, d'une qualité égale voire supérieure à certains réflex entrée de gamme. J'en suis pleinement satisfaite. J'en ai fait, c'est vrai, un peu le tour, mais il m'a rendu de fiers services, et m'a permis, non seulement de m'exprimer, mais aussi de me perfectionner. J'attends toujours que le réflex numérique que je convoite baisse son prix, et pense en faire l'achat dans l'année. En attendant, pourquoi devrais-je cesser de me passionner pour la photo ?
Peut-être aurez-vous envie de me dire "faire des photos ok, demander des accréditations sur des gros concerts, pas d'accord".
Encore une fois, tout est relatif. Je ne sais pas ce qu'est un gros concert.
J'écume les petits concerts, et ce que j'entends personnellement par "petit concert" c'est en fait "petite salle". C'est-à-dire souvent des bars, avec scène improvisée, ou des caves. Soirées organisées par des petites assos, avec peu de moyens. J'avoue avoir un peu arrêté ce genre de concerts, dont je ressortais toujours déçue. Il n'y a souvent pas de scène, les gens se bousculent, les lumières éclairent les tableaux sur les murs, il y a souvent marqué "heineken" derrière le chanteur, les spots sont parfois inexistants, la moitié des musiciens ne sont pas éclairés...
Je ne dis pas que ces concerts sont inutiles. Pas pour les groupes, et pas pour les spectateurs. En revanche, pour les photographes, il y a peu d'intérêt. J'essaie d'en tirer partie pour donner certains effets à mes photos (tout le monde sait que la créativité naît de la contrainte), mais peu de mes clichés sont valables, après plusieurs heures dans une chaleur intenable et un noir quasi-complet.
Un "gros" concert ne signifie pas pour moi une "grande star", mais une salle bien équipée, adaptée pour ce genre d'activités. J'ai vu le même groupe jouer dans un bar en avril et sur la scène d'un "moyen-festival" en juillet. La qualité de mes photos s'en est ressentie !!
Alors faut-il qu'on se ramène avec du matos super-puissant dans des toutes petites salles pour prouver notre valeur ? Prouver que même dans des conditions déplorables, nous sommes performants et que nous avons droit au pass "niveau suivant" ?
Il n'est pas prétentieux de demander un certain confort visuel, et par conséquent viser, non pas des gros concerts, mais des salles de qualité, qui accueillent effectivement plus de musiciens reconnus. On ne peut pas éternellement s'entraîner dans des petites salles...
Il est vrai que les photographes de concert fleurissent beaucoup ces derniers temps. Mais il est aussi vrai que les meilleurs resteront. Si effectivement les accréditations doivent de plus en plus être triées, dites-vous bien que la sélection n'est pas faite par hasard. Et si pour certains d'entre nous les obtenons de plus en plus difficilement, ce n'est pas parce qu'un ramassis de "fakes" nous a volé nos places. C'est simplement qu'ils sont plus, aujourd'hui, à être meilleurs que nous.
Enfin concernant les clauses abusives, et les histoires d'argent... je ne peux qu'acquiescer. Mais cela mes amis, ce n'est pas nouveau. L'argent fait tout, partout et toujours. L'argent a toujours supplanté la morale et la vertu, il les supplantera toujours.
Je finis par le plus facile et le plus bas, mais c'est simplement pour que son auteur corrige a posteriori : il serait bon de corriger les fautes qui jonchent cet article.
Par atlza Le 04/01/2010 à 16:40
Bonjour Cécile, tu extrapoles quelque peu mon article et ne retient que certains points... Je vais les expliciter autant que possible.
La question du matériel, tu mélanges toi même petit matériel et médiocrité du photographe, là ou je n'ai parlé que d'expérience, je suis en effet persuadé que tout photographe réellement passionné ne saurait se contenter d'un bridge, tout comme on ne voit pas finalement de voitures de courses diesel, question de performance et d'efficacité. Pour moi l'utilisation d'un tel matériel n'est que la marque soit d'un débutant (sans aucun a priori quand à sa qualité) soit de quelqu'un davantage amateur de musique que de photos (cas de nombre de webzine), cela ne change en rien sur la qualité artistique et l'oeil du photographe, sujet que d'ailleurs je n'aborde en rien ici. Cela étant dit et pour avoir observé comportement et résultat des bridges et compacts en concert, je n'en ai jamais résultat satisfaisant. Là encore rien à voir avec le passage argentique-numérique, tu extrapoles beaucoup trop mon propos.
Pour le débat petit-gros concert, je ne parle à aucun moment des artistes, par exemple je cite souvent le cas des Vieilles Charrues qui par tous les sens qu'on le prenne est un gros festival, et la fosse dans de telles organisations est vraiment une jungle : voilà le sujet précis de l'article. Une lecture plus approfondie du reste de ce blog et de ces articles vous fera découvrir, je photographie et travaille très majoritairement avec une petite salle (Jauge de ~400 places), y shootant très souvent des artistes qui me sont inconnus, l'exemple de Mongtomery appuie l'existence du problème que je souhaitais levé quel que soit le lieu. Encore une fois je ne vois ou dans mon article je place les photographes dans les lieux selon une supposée qualité de leur clichés.
Tu sembles avoir travaillé sur de petits concerts, bars et assos, j'ai également commencé de cette façon et je l'encourage pour commencer en concert, elle mène à la constitution d'un book qui permettra l'accès aux concerts plus gros. Une démarche de photographe, le matériel n'étant qu'accessoire il suivra naturellement pour moi l'évolution de celui qui l'utilise.
L'article vise en fait davantage les webzines, dont le nombre croit régulièrement, et qui tentent tous de se faire accréditer, souvent les photographes mal équipés que l'on retrouve dans la fosse sont ceux-ci, moins au fait également des restrictions abusives, leur but n'étant pas la photographie en soit, mais davantage le report.
Par ugo Le 08/01/2010 à 14:21
Quelques petites choses à ajouter par rapport à ton article.
Tout d'abord les webzine. Je vais prendre un exemple personnel, mais je ne pense pas être le seul dans ce cas. Je suis encore étudiant, je n'ai donc pas de revenu et la photo me passionne.
Je suis donc rentré dans un webzine comme tu dis qui m'a donné la chance de pouvoir shooter des concerts. Je n'ai pas commencé avec un reflex dont le prix compte 3 zéro, ni même des objectifs ultra lumineux. J'avais un reflex et 2 objo. un 18-55 et un 70-300. avec des ouvertures limitées de type 4-5.6. J'étais pas riche, je le suis toujours pas. J'ai eu la chance de m'occuper très vite de "gros" concerts. J'ai même fini comme ça jusqu'au cabaret vert ou la fête de l'huma avec ce reflex. Désolé, mais quand on connait un appareil, on sait faire des photos. Après, je suis entièrement d'accord qu'un bridge ou un compact limite bien les choses, ne serait-ce qu'en terme de réactivité ou de luminosité. J'avoue aussi que certaines photos me sont passées sous le nez parce que l'appareil n'a pas déclenché assez vite. Mais sur un reflex, il n'y a pas que le mode auto (j'exagère je sais). Augmenter la vitesse, forcer l'appareil en légère sous-ex quitte à corriger, ça existe. Je pense avoir été capable de faire de bonnes choses, même en photo de concert avec ce reflex. Je suis depuis passé à la gamme au dessus, avec de l'objectif qui ouvre à 2.8. Évidemment il n'y a pas photo (!), et les shoot sont bien plus confortables. Mais n'empêche, quand on est motivé, on fait du bon boulot avec les moyens qu'on a (cf quelques photos sur mon blog, en attendant le site).
Combien en ais-je vu à la fête de l'huma ou dans d'autres grosses salles se pointer avec des Ds3 ou des 1D MarkIII pour ensuite trier des photos à chier là où il y avait moyen de faire de superbes séries ?
Le point sur lequel je suis d'accord c'est le nombre exagéré de photographes. On devait approcher la centaine sur la fête de l'huma. C'était irrespirable, et clairement néfaste pour le public, tout comme la qualité des photos.
Dans le genre exagération aussi, j'ai vu dernièrement aux Nancy Jazz Pulsations des types shooter avec leur iphone. Là par contre, il y a clairement de l'abus...
Par contre, je voudrais revenir sur ce que tu dis des webzine. On s'est déjà retrouvé une paire de fois à faire des demandes d'accréditations à des gens qui n'avaient absolument pas l'habitude d'en recevoir, puisque tout le monde se foutait de ce qu'ils faisaient. Alors, les webzine ont peut être des torts et des défauts, mais ils sont souvent constitués de gens motivés et qui veulent bien faire. Et qui permettent justement de mettre en lumière des organismes, concerts, spectacles qui ne le seraient que pas ou peu avec des médias traditionnels.
Et puis, je reprend encore un exemple perso, mais qu'il s'agit de l'équipe dans laquelle je suis ou de moi-même, on a toujours essayé de s'informer au maximum de "comment faire comme les pros" en respectant à fond les artistes et les spectateurs. Et on a pas hésité à virer les gens qui ne respectaient pas cette façon de faire.
Et franchement, quand je vois le peu de motivation et d'intérêt de certains pros à venir shooter en concert comme on irait pointer à l'usine, ça donne vraiment envie quitte à faire de moins belles photos, d'essayer et de se dépasser pour rendre quelque chose de potable.
Surtout que les photos publiés ensuite dans journaux et magazines sont parfois bien en deçà de ce qu'était le concert. Du coup je pense qu'il faut laisser la place à ces webzines passionnés et mieux les encadrer. Souvent en concert j'ai eu cette impression d'une confrontation entre les "pros" et les "nouveaux". Perso, je n'ai jamais hésité à aller parler avec les "pros" présents depuis pas mal d'années dans le circuit pour leur demander infos et conseils. Je pense que c'est ça aussi la photo de concert, de l'échange. Ok on est tous là pour faire la pur photo que l'autre ne retrouvera pas dans son boîtier, mais c'est pas une raison de se faire la guerre non plus. Shooter dans une fausse où chacun est aimable et s'excuse quand il dérange l'autre est quand même vachement plus sympa que de se retrouver à jouer des coudes et protéger son boîtier...
Le dernier point soulevé par Céline est cependant très vrai. Les concerts les plus difficiles en conditions de shoot sont laissés aux "noobs" pour s'entrainer et se faire la main, alors que les "vrais" et "gros" concerts sont laissés au soin des "pros" armés de reflex suréquipés, qui eux-même cherchent souvent des noms et des personnages, largement plus vendeurs en agence. Le paradoxe est assez intéressant. A moins d'abnégation et d'un maximum de technique, et souvent de retouche postprod, il est vraiment dur de se constituer un book à l'aide de photos de bars et concerts "à l'arrache".
Un autre exemple personnel. J'ai fait parti du service presse d'un gros festival lorrain. J'avais le droit de choisir les concerts que je voulais, à condition qu'ils ne se situent pas sur la scène principale, réservé aux "gros pros" qui cherchaient des noms. J'ai fait d'excellentes photos de "petits" concerts ou de groupes méconnus, mais à l'énergie débordante.
Cependant, cette façon de dénigrer les petits vis à vis des gros, n'est du coup pas tant le choix du photographe que celui imposé par le système...
Bonne continuation à toutes et tous !
Par atlza Le 08/01/2010 à 15:41
Merci pour ton commentaire Hugo.
Je tiens avant de te répondre à bien insister sur un point, que je veux clair, je ne me place pas du côté des gros pros, je ne crache pas sur "les petits" et sur le matos qu'ils utilisent. J'insiste juste sur le fait de l'exagération du phénomène et de ses dérives.
D'ailleurs tu résumes très bien le tout dans cette phrase : "Du coup je pense qu'il faut laisser la place à ces webzines passionnés et mieux les encadrer. " Ce que tu décris du webzine qui cherche un travail pro me parrait très sain et propre à un travail de qualité. Un webzine qui cherche le qualitatif et donc une approche de photographe ou au plus proche de celui-ci n'a rien à se reprocher. Je pense juste que certains oublient cela au profit de la photo à tout prix.
Le syndrome du gros concert ne touche d'ailleurs pas que les pros, mais aussi beaucoup de nouveaux arrivants voulant étoffer trop rapidement leur book, ou encore "faire du chiffre". Personnellement je suis très bien sur mes concerts de moyenne envergure.
Peut-être aussi que simplement c'est la qualité de Webzine musical en soit que l'on peut débattre pour certains sites, nombreux sont ceux d'ailleurs créés par des photographes...
Tout cela n'est par contre pas le cœur de mon article, que ce soit photographes, webzines ou autres, la photo de concert se popularise et je pense que le système saturera... Comme je l'ai dis, ou l'a répété Céline, resteront les meilleurs, ceux qui ont su tirer leur épingle du jeu, il faut tout faire pour en faire partie, et cela passe par la qualité de notre travail et de notre démarche.
Par didier Le 13/01/2010 à 14:29
pour en revenir au débat autour des webzines, je pense qu'il faut faire la part des choses.
il y a beaucoup de webzines sérieux avec des gens motivés (j'ai commencé par là), mais il y a eu aussi des sites qui se montaient uniquement dans le but d'obtenir des accréditations, et qui disparaissaient juste après.
et je pense qu'à un moment donné beaucoup de médias estampillés internet se sont vu refuser toute forme d'accréditation photo sans distinction, victimes d'une politique anti "webzine bidon" aveugle.
ensuite le débat "gros matos", je ne peux qu'approuver. jusqu'à l'an dernier, j'étais encore équipé d'un D70 (!) équipé d'objos que je trainais depuis l'époque argentique. cela ne m'a pas empêché de faire des publications nationales avec, et d'exposer également.
alors avoir du "gros matos" pourquoi pas, mais à condition d'en avoir une réelle utilité.
Par atlza Le 13/01/2010 à 16:24
Très bonne synthèse sur les Webzines Didier... Merci (et bonne année concert !)
Par GLO Le 16/02/2010 à 07:54
discussion très intéressante.
qu'est-ce qui motive tout ces photographes qui shootent en concert ? outre la passion je suppose, ils sont payé pour des photos mises sur le web ?
Par atlza Le 16/02/2010 à 09:47
Dans un monde idéal, je dirai la passion pour tous, peut-être pour certains l'accès aux concerts, à la fosse etc, une minorité j'espère...
Dans tous les cas, non ce n'est pas l'argent, le concert est un domaine ultra concurrentiel en photo, et certainement pas le plus intéressant financièrement. Sur le web, c'est encore pire, cela devient plus que rare de se faire payer pour diffuser sur le web.
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